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𝐋𝐚 𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞 𝐚𝐮 𝟏𝟖è 𝐬𝐢è𝐜𝐥𝐞 (28 novembre 2021)



L’enlèvement des ordures ménagères et le balayage des rues a de tous temps été une préoccupation pour les administrateurs communaux.

Si la présence dans les rues de containers débordants, la ronde de la balayeuse mécanique, la rencontre avec un employé municipal jouant du balai font partie intégrante de notre paysage quotidien, il y a deux siècles, les choses n’étaient pas aussi faciles.

De nombreuses maisons de la ville basse ou de la Taillade, comportaient au rez-de-chaussée une écurie, une étable où l’on élevait ânes, mulets, cochons, chèvres, poules et lapins. Je ne parle pas des affenages et relais de poste. Le purin associé aux eaux grasses de la maison s’écoulait péniblement dans les caniveaux, et, tous les matins, fumier, ordures ménagères, détritus de toutes sortes étaient expulsés et entassés le long des rues et sur les places publiques.

En période de sécheresse, le liquide nauséabond stagnait, formant « de vrais cloaques » dans lesquels s’ébattaient les animaux de ferme, polluant les puits et occasionnant de magnifiques épidémies de dysenterie. L’hiver la pluie diluait le tout.

Les archives conservent, entre autres, la trace d’une affaire de chien crevé, jeté à la rampe du château qui provoqua une bagarre entre les sieurs Leblanc et Marcha (8.7.1768). De telles querelles étaient on ne peut plus fréquentes.

Pourtant des efforts louables étaient accomplis et des règlements de police fréquemment pris ou renouvelés. Le 26 février 1746, 1e sieur Collet, 2e Consul, fit approuver une ordonnance dans laquelle il est écrit : « 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘳𝘦𝘵é 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘶𝘦𝘴 é𝘵𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯 𝘰𝘣𝘫𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘶 𝘣𝘶𝘳𝘦𝘢𝘶, 𝘪𝘭 𝘤𝘰𝘯𝘷𝘦𝘯𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘦 𝘧𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘤𝘦𝘳𝘵𝘢𝘪𝘯𝘴 𝘳è𝘨𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘢𝘴𝘴𝘶𝘳𝘦𝘯𝘵 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪è𝘳𝘦 𝘴𝘰𝘭𝘪𝘥𝘦 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘳𝘦𝘵é, 𝘦𝘵 à 𝘤𝘦𝘵 𝘦𝘧𝘧𝘦𝘵 𝘥’𝘢𝘴𝘴𝘪𝘨𝘯𝘦𝘳 𝘢𝘶𝘹 𝘣𝘢𝘭𝘢𝘺𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘫𝘢𝘳𝘥𝘪𝘯𝘪𝘦𝘳𝘴, 𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘥𝘪𝘧𝘧é𝘳𝘦𝘯𝘵𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘤𝘶𝘯 𝘥’𝘦𝘶𝘹 𝘥𝘰𝘪𝘵 𝘯𝘦𝘵𝘵𝘰𝘺𝘦𝘳 𝘵𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘢𝘵𝘪𝘯𝘴. »

En effet chaque propriétaire de maison devait balayer tous les matins le devant de sa propriété jusqu’au milieu de la rue. Des balayeurs, payés par les jardiniers de la ville, devaient collecter les ordures dans un secteur précis et bien déterminé : … « 𝘐𝘭𝘴 𝘴𝘦𝘳𝘰𝘯𝘵 𝘵𝘦𝘯𝘶𝘴 𝘤𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳, 𝘥𝘦 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘮𝘢𝘵𝘪𝘯, 𝘥𝘦 𝘳𝘢𝘮𝘢𝘴𝘴𝘦𝘳 𝘦𝘵 𝘥’𝘦𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘰𝘳𝘥𝘶𝘳𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘪𝘮𝘮𝘰𝘯𝘥𝘪𝘤𝘦𝘴, 𝘥𝘦 𝘮ê𝘮𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘣𝘰𝘶𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘶𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦𝘴 𝘱𝘶𝘣𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦𝘴 𝘴𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘦𝘪𝘯𝘦 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘢𝘮𝘦𝘯𝘥𝘦 𝘥𝘦 5 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦𝘴... 𝘮𝘰𝘺𝘦𝘯𝘯𝘢𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘰𝘪, 𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘵 𝘢𝘤𝘤𝘰𝘳𝘥é 𝘢𝘶𝘹 𝘫𝘢𝘳𝘥𝘪𝘯𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘥𝘦 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘭𝘦 𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵 𝘦𝘹𝘤𝘭𝘶𝘴𝘪𝘧 𝘥𝘦 𝘣𝘢𝘭𝘢𝘺𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘶𝘦𝘴 ». Bref un vrai monopole. La ville fut divisée en onze quartiers dont le détail nous est connu, indiquant pour chacun le nom du jardinier et précisant les limites de son action.

Lorsque l’un d’entre eux ne pouvait assurer son service, ses confrères devaient le suppléer sous peine d’amende.

Les balayeurs ne pouvaient paraître dans la ville «𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘣𝘰𝘶𝘳𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦𝘴 𝘲𝘶’𝘢𝘶𝘵𝘢𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘣𝘰𝘶𝘳𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦𝘴 𝘢𝘶𝘳𝘰𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘥𝘦𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘵ê𝘵𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘳𝘲𝘶𝘦 𝘦𝘯 𝘧𝘦𝘳 𝘣𝘭𝘢𝘯𝘤 𝘲𝘶𝘪 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘢 é𝘵é 𝘥𝘰𝘯𝘯é𝘦 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦, 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘦𝘯𝘢𝘯𝘵 𝘭𝘦 𝘯𝘶𝘮é𝘳𝘰 𝘲𝘶𝘪 𝘳é𝘱𝘰𝘯𝘥 à 𝘭’𝘰𝘳𝘥𝘳𝘦 𝘥𝘰𝘯𝘯é 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘳𝘢𝘯𝘨 𝘥𝘦𝘴 𝘣𝘢𝘭𝘢𝘺𝘦𝘶𝘳𝘴 ». Des plaques minéralogiques avant l’heure !…

D’archaïques tombereaux tractés par des chevaux sillonnèrent les rues jusqu’en janvier 1963 date à laquelle le Conseil Municipal décida « ...𝘥𝘦 𝘥𝘰𝘵𝘦𝘳 𝘯𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘢𝘱𝘱𝘢𝘳𝘦𝘪𝘭 𝘮é𝘤𝘢𝘯𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘥𝘪𝘨𝘯𝘦 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘭𝘰𝘤𝘢𝘭𝘪𝘵é 𝘲𝘶𝘪 𝘢 𝘭𝘦 𝘴𝘰𝘶𝘤𝘪 𝘥𝘦 𝘴𝘦 𝘮𝘰𝘥𝘦𝘳𝘯𝘪𝘴𝘦𝘳 ».

Enfin c’est en 1982 que sera acquise la première balayeuse automatique et en 1983 que l’usine d’incinération sera mise en route.

Texte : A. Jeanjean

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