top of page

La pierre d'encan ... ou pas ? (19 juin 2022)


L’encan, c’est quoi ?

L’orthographe est assez moderne, pendant des siècles, à Sommières et ailleurs, on l’écrivait 𝘪𝘯𝘲𝘶𝘢𝘯𝘵, plus proche de son étymologie latine 𝘪𝘯 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘵𝘶𝘮 = à 𝘤𝘰𝘮𝘣𝘪𝘦𝘯. L’encan désigne la vente publique aux enchères. Les rares mentions que nous en avons concernent des saisies de biens suite à des condamnations de la justice locale.

Une commission était prélevée sur chaque vente conformément à un privilège royal. Ce 𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵 𝘥’𝘦𝘯𝘤𝘢𝘯 pouvait appartenir à un seigneur ou à la communauté d’habitants. Le plus souvent, il était 𝘢𝘳𝘳𝘦𝘯𝘵é (mis en rente). Contre une somme fixe annuelle versée au détenteur, le rentier qui animait les enchères en percevait les droits. Une table en pierre, unique, marquait l’emplacement où se déroulait le rituel.




𝗘𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗹𝗮 𝗯𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗽𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 ?

La pierre qui se trouve à l’angle des rues Paulin Capmal (anciennement de la Savaterie) et Narbonne nous est présentée comme celle ayant servi de pierre d’encan. On entend dire qu’elle trône là depuis des siècles. Le panneau explicatif suggère que l’on s’y hissait pour crier les enchères.

Au XVIe siècle et jusqu’en 1617, le droit d’encan était la propriété des seigneurs d’Aubais. Cette année là, il fut échangé avec la communauté des habitants de Sommières contre le 𝘥𝘦𝘷𝘰𝘪𝘴 (les bois) de Gavernes. Suite à de graves difficultés financières, il aurait été revendu en 1668 avec les moulins de la ville. Le droit d’encan s’élevait à 𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘭 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦 soit 5%.

Nous savons désormais que la pierre d’encan se situait au bout de l’actuelle place Jean Jaurès, près de la rue qui va au pont. Elle n’était pas accolée à une maison, on pouvait en faire le tour. Il s’agissait 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘨𝘳𝘰𝘴𝘴𝘦 𝘱𝘪𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘦𝘯 𝘧𝘰𝘳𝘮𝘦 𝘥𝘦 𝘵𝘢𝘣𝘭𝘪𝘦𝘳 (é𝘵𝘢𝘭) 𝘦𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘩𝘰𝘴𝘦𝘴 𝘺 é𝘵𝘢𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘷𝘦𝘯𝘥𝘶𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴𝘴𝘶𝘴, (étal), ce n’était pas une estrade. Détruite pendant les conflits religieux, on en fit tailler une nouvelle en 1583.







Il est plus probable que la pierre que l’on peut encore voir soit un vestige d’un autre tablier localisé juste en face et décrit dans un document de cette même année 1583. Les étals de marché en pierre, fixes, soumis également à certains droits, étaient nombreux. Toutefois, en l’absence de preuves irréfutables, on peut continuer à concéder que celle-ci est bien la pierre d’encan de Sommières que l’on aurait déplacée et conservée comme un symbole des anciennes coutumes.

Nicolas LAWRIW - mvic.fr

𝘋'𝘢𝘱𝘳è𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘈𝘳𝘤𝘩𝘪𝘷𝘦𝘴 𝘯𝘰𝘵𝘢𝘳𝘪𝘢𝘭𝘦𝘴 𝘦𝘯 𝘭𝘪𝘨𝘯𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘴𝘪𝘵𝘦 𝘉𝘙𝘖𝘡𝘌𝘙 𝘛é𝘭é𝘢𝘳𝘤𝘩𝘪𝘷𝘦𝘴

Le devès de Gavernes, territoire réservé ou"defents" servait de pâturage aux animaux, pourquoi Sommières possédait ce territoire au milieu des terres des Baschi d'Aubais...? C'est un droit trés ancien : vente en 1370 du" droit d'inquant, tables des marchands, four..." Sa définition qui ne varie pas sur les textes notariés et autres " droit d'inquant de la ville de Sommières des choses mobilières qui se vendent d'ancienneté à l'inquant public soit à la pierre dudit inquant que d'autres endroits dudit Sommières" on l'emploie aussi pour "saisie et inquant d'autorité de maison".

Bernard Pagès

5 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page